Voyage en Dominique
Chapitre 6 :
1ère aurore sur l’île
Premier réveil sur l’île, il est 7H 00 et nous nous
sentons bien après une première nuit délicieuse, sans
la clim’ qui ne nous a pas manqué, car nous avions ouvert
les battants de bois de chaque côté de la chambre, et
avons pu ainsi profiter des courants d’air. Je me rappelerai
longtemps de cette surprise : j’ouvre les yeux,
réveillée par les jeux de lumière du soleil qui perce
la toile légère du rideau et la première chose
que je vois c’est... la MER !!!!! La mer qui s’étend
à perte de vue, qui est là, juste devant notre lit !
Je réveille Bibou par mes cris d’excitation : c’est
une agréable surprise, car nous ne savions pas que l’hôtel
bénéficiait d’une aussi belle vue, et de plus, dans
le noir, hier, nous ne nous étions pas aperçus que nous
étions face à la grande bleue.


Façade côté mer...Vue de notre chambre...
On saute du lit, et on fonce dehors en culotte pour
photographier la côte sauvage , splendide, les fonds
marins aux camaïeux de bleu clair, pendant que Didier
s’affaire en cuisine pour notre premier p’tit déj’ :
sur la terrasse, attablés devant une immensité lisse
et azurée, on nous sert non pas un café mais un thermos
entier, agrémenté de succulents pan-cake dorés qui viennent
juste de sortir de la poêle, fourrés à la confiture
de pomme ou de fruits de la passion, et du jus de pastèque
frais fait maison : un DELICE pour 2 euros !!!!
C’est à peine croyable !
1 ère aurore, 1er p’tit déj à Stonedge
...


Notre petit ami le Zandoli...
Un joli petit lézard, appelé ici « zandoli »
me drague et s’approche de plus en plus jusqu’à sauter
sur mon siège ! Les petits lézards , passe encore,
par contre, j’ai changé de couleur quand Didier m’a
confié qu’il était déjà arrivé que des serpents rampent
jusqu’à l’intérieur de l’hôtel, l’un d’entre eux avait
d’ailleurs même trouvé le canapé très confortable !
Quelle horreur !
Chapitre 7 :
Salisbury – Roseau : en route pour l’aventure !
8 H 36 a.m. : Départ direction le Sud, vers
Roseau , la capitale. En chemin, nous nous arrêterons
dans nombre de petits villages de pêcheurs qui lèchent
la côte de St-Joseph, Mahault, Massacre, Layou, Goodwill....Autant
de clichés , de petites scènes de vie prises sur le
vif, au hasard des ruelles et de la route sineuse et
très étroite. Ce qui choque, c’est la misère des habitations.
Je pense instantanément aux tableaux de Paul Eliott
Thulieau, à voir ces minuscules cases carrées, aux
façades tapissées de tuiles de bois multicolores.....Et
je ne peux m’empêcher de frémir en songeant aux atroces
ravages qu’un cyclone doit causer sur ces hameaux si
fragiles...


Les cases de St -Joseph, Mahault,
Massacre....
Nous sommes émerveillés devant l’extrême gentillesse
des gens. Du bord de la route, ou de leur terrasse,
ou de leur jardin, ils se relèvent quand ils voient
passer la voiture et nous saluent de grands signes de
la main.
Au 1er village où nous nous sommes arrêtés, à Mahault,
un groupe de jeunes nous interpelle, proposant de la
ganja, où félicitant Seb de sa « belle mâdâm’ » !
Au bout d’une toute petite ruelle donnant sur la
mer, je découvre dans une arrière-cour ombragée un vieux
monsieur assis sur les marches de sa case, dégustant
un fruit filandreux non-identifié , et lui propose de
le prendre en photo, ce dont il est très fier !
Il enlève sa casquette , crache dans ses mains pour
ensuite lisser ses cheveux, repositionne son couvre-chef,
s’essuie la barbe et se redresse, paré pour le cliché !

Mon pépé de Mahault...
Nous poursuivons notre route, et traversons Canefield
et son tout petit aéroport. Plus loin, dans un virage,
nous découvrons la grande usine bleue et rouge de Colgate,
et je souris en repensant à une anecdote racontée
par Didier, nous expliquant que tous les habitants de
la région comptent au moins un de leurs membres employé
chez le fournisseur de pâte à dents, poste très prisé
puisqu’offrant un salaire bien meilleur , bien au-dessus
du revenu global plafonnant au mieux selon Didier aux
alentours de 150 $ mensuels. Riches aux yeux de la communauté,
les employés chez Colgate, payés tous les quinze jours,
dilapident leur argent dans les 26 bars de l’avenue
principale de Roseau...
Chapitre 8 :
Découverte de la « Capitale »
Arrivée à Roseau , on sent tout de suite que c’est
la capitale de l’île : beaucoup plus de traffic
( mais cela reste très raisonnable ! ), des rues
et des boutiques dans tous les sens ...Premier
contact avec une Doudou à qui on achète une paire de
tongues pour Seb qui vient de casser les siennes ( la
journée commence bien ! ) pour 15 EC$ ( 4 euros)
et nous voilà partis bon train dans les méandres des
ruelles citadines, pour le « Dominica Museum »,
grande et belle bâtisse blanche et rouge, située face
au « Cruise ship dock » et à la mer, à l’angle
du « Market place » et de sa belle fontaine
en fer forgé rouge, érigée en 1874 pour fêter l’arrivée
des tuyauteries d’eau douce.


On apprend entre autres, que la Dominique a été l’une
des dernières îles colonisées, que la doyenne mondiale
, répondant au doux prénom de « Ma Pampo »
a vécu 126 ans , qu’en 1905, on risquait d’être emprisonné
jusqu’à 14 jours si on ne pouvait justifier sa visite
touristique sur l’île, que les Indiens Arrawaks, il
y a 2000 ans, rivalisaient d’ingéniosité dans la création
et le façonnage d’outils quotidiens : planche de
bois incrustée de minuscules cailloux très pointus utilisée
pour râper le manioc en farine, long tube de feuilles
de palmiers tressées servant à presser les cannes à
sucre ....Callebasses sculptées....
Nous enchaînons sur une visite en extérieure cette
fois-ci : Le « Botanical Garden of Dominica ».
En route, nous faisons une pause dans la superbe Cathédrale,
tragiquement menacée par les termites et les moisissures
des champignons, aux arcades intérieures peintes en
bleu soulignées d’un liseré d’or. Dans la ville, et
même dans les régions plus isolées de la montagne, les
églises se multiplient et se côtoient : catholiques,
méthodistes, advantistes, témoins de Jéhova...


Nous verrons aussi nombre d’écoles, la plupart du
temps non-mixtes comme « Wesley High school »
qui acceuille des lycéennes en uniforme : chemise
jaune, cravate bleue et jupe plissée bleu marine !

Après de longues minutes de marche, et plusieurs échecs
avant de trouver l’entrée, nous pénétrons enfin dans
le Jardin Botanique , où nous restons scotchés
d’entrée de jeu, par un baobab géant, dont une branche
s’est écrasée durant le Cyclone « Hurricane David »
en 1979, et a littéralement compressé un bus scolaire,
heureusement vide à ce moment fatidique !

Le Bus- Baobab ! Fleur de callebassier
Pour la première fois, nous avons pu photographier
des callebassiers, avec et les fleurs et les fruits.
Les fleurs de cet arbre sont extraordinaires mais
très fragiles : elles sont roses et comptent cinq
pétales, qui protègent un coeur blanc de fome ovale,
légèrement écrasée.
Nous nous émerveillons encore devant un arbre GIGANTESQUE,
dont on ne saurait d’ailleurs plus distinguer les racines
des branches, dans cette hauteur époustouflante et cet
entrelacement complexe de lianes .

Epuisés par le soleil qui tape de plus en plus fort,
et par les nombreux kilomètres parcourus à quadriller
le centre ville ( je viens à mon tour de briser la
sangle de ma tongue droite ! ), nous décidons de
redescendre vers le coeur de ville pour déjeuner chez
« Pearl », bonne adresse de cuisine locale
soufflée par Did’. Petit lolo aux murs vert foncé /vert
clair et aux rideaux de madras créoles situé en haut
de King George V Street, nous ne pouvons malheureusment
pas goûter au fameux « Chow Mien » ( poulet
mariné mixé au riz mariné et légumes), mais nous nous
régalons d’un sandwish chaud au fromage, et de « peleau »
( poulet mariné mixé au riz : on n’a pas bien compris
la différence avec le Chom mien mais bon ! )et
de deux verres géants de maracuja frais : du BONHEUR
à l’état pur ! et tout ceci pour la modique somme
de 2 , 50 $ !
Chapitre 9 :
Trafalgar Falls
Rassénérés de ce délicieux en-cas, nous reprenons
notre périple, légèrement inquiets d’un petit grain
somme toute rafraîchissant , mais que nous espérons
temporaire ( et ce fut le cas ! ) car nous nous
dirigeons à présent vers les hauteurs de Roseau, direction
la forêt tropicale et les fameuses cascades des « Trafalgar
Falls » ! Le trajet en lui-même est un éblouissement
. Des pentes abruptes, des ravins vertigineux, des paysages
somptueux de végétation luxuriante, des hameaux accrochés
à flanc de montagne, et, enfin, après quelques minutes
d’efforts pédestres à travers la jungle , curieux de
chaque arbre, plante, liane, qui se présente à nos yeux
avides, attentifs à nos pas car le terrain et les rochers
recouverts de mousse sont glissants - au détour d’une
piste, nous sommes saisis d’émotion devant ces deux
imposantes chutes d’eau , assourdissantes, qui jaillissent
d’une falaise . Pour accéder à celle de droite – conseillée
par Didier, beaucoup moins touristique- il faut d’abord
traverser une source chaude. L’eau est un peu marron
orangé, mais on a vraiment l’impression de plonger dans
un bain chaud !!! Quelle sensation ! C’est
la première fois que je goûte à une source chaude ,
et dans ce décor paradisiaque, si naturel, c’est une
joie indescriptible ! Je ne peux m’empêcher de
repenser à mes week-end « nature » à « Center
Park » près de Romanrotin, avec sa bulle tropicale
artificielle, et je souris de ma chance inouie de pouvoir
batifoler au milieu des beautés de notre planète.
Après dix amusantes minutes de crapahutage dans
les rochers moussus et glissants, au milieu du torrent,
nous voilà au pied de la chute, qui rugit, bourdonne,
bouillonne, vrombit et couvre nos éclats de joie et
nos cris de victoire !



Ni une ni deux, on balance tongues et t.Shirts et
on saute dans une cavité formant un véritable jacuzzi
naturel, et une fois la première sensation de rafraîchissement
passée, l’eau ne nous apparaît pas si glacée.Il f
ait un temps radieux (nous avons d’ailleurs pris de
belles couleurs malgré la protection solaire !
) et nous sommes SEULS AU MONDE , sous le ciel, et la
hauteur vertigineuse de roche et de végétation , barbotant
dans une eau limpide et pure.....à parodier joyeusement
la pub « Tahiti douche » ou « Hollywood
Chewing-gum »....... « Fraîcheur de vivre » .... !!!!!!!
Nous resterons là une bonne partie de l’après-midi,
alternant les baignades et les lézardages solaires,
perchés sur un rocher, Seb croquant sur son book le
dessin de la cascade, et moi m’emplissant les yeux des
couleurs changeantes d’or et d’argent du soleil se reflétant
en des milliards de petits miroirs dans
l’onde courante...
Chapitre 10 :
Sulphur Spring
Bien rafraîchis par notre baignade massante et revigorante
- courant et bulles nous ayant prodigué gratis les bienfaits
d’une mini-thalasso – nous reprenons notre safari en
sens inverse, et continuons la route en direction de
« Sulphur Spring » et de « Wotten Waven »
. Quelle surprise de découvrir cette fois-ci, en pleine
forêt, une fumée blanchâtre, comme celle d’un feu, mais
qui provient en fait de rivières et de grottes souterraines :
les fameuses fumerolles volcaniques ! l’odeur persistante
d’oeufs pourris ( à cause du souffre) incommode un peu
, mais la curiosité l’emporte ! Nous sommes épatés
par l’eau fumante et ses gros bouillons produisant à
intervalles réguliers des « bloug- bloug »
peu engageants à mettre un seul doigt de pied
dans ces grosses marmites de la terre !!!


Chapitre 11 :
De Roseau à Scotts Head
Comme il n’est que 16 h , nous décidons de reprendre
la route plus au sud et de pousser jusqu’à l’extrême
pointe sud de l’île : « Scotts Head ».
A chaque fois que nous repartons en voiture , nous
avons pris l’habitude de nous répéter en choeur «
Ici, on roule à GAUCHE ! » histoire de rester
« aware » : sauf qu’au premier rond-poind
( chassez le naturel, il repart au galop ! ) Seb
le prend en sens inverse !!!! Plus de peur que
de mal, les conducteurs des voitures en face nous pardonnent
notre écart d’un signe de main et d’un sourire amusé
et bienveillant ! En chemin, mille autres surprises
nous attendent au détour d’un virage : des villages
de pêcheurs typiques, comme Loubière, Pointe Michel,
ou encore La Souffrière et sa toute petite église
rouge et blanche, construite directement sur la plage
....Autant de clichés venus d’un autre monde, d’un autre
temps...
La Souffrière


Nous remarquons aussi que tous les cimetières sont
positionnés sur le rivage, face à l’océan,

...comme une ultime délicatesse aux défunts de
ces habitants très croyants et pratiquants, à en juger
par le nombre incalculable d’églises sur l’île .
« Scotts Head » est un petit village typique
vraiment adorable, avec des cases très modestes, certes,
mais très propres aussi, où l’on ressent le goût de
l’esthétisme des habitants, qui prennent soin de fleurir
les abords de route, portes et fenêtres, et de peindre
de différentes couleurs les façades, volets, et plintes
décoratives.


Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons sur un marché
à la sortie de Roseau, pour acheter de délicieuses bananes
très sucrées, et des mangues Caribbéennes très juteuses....pour 2 $ ! Une
fois encore, les doudous du marché sont accueillantes,
souriantes, bienveillantes.....Aux alentours de Saint
-Joseph, nous nous arrêtons sur une plage de sable noir
incrusté de micro paillettes d’or, qui scintillent sous
les derniers reflets du soleil couchant. Je déguste
ma mangue sur la plage pendant que Seb se délecte dans
ce bain marin bien mérité après ses exploits routiers !
Retour à l’hôtel où notre enthousiasme ravit Didier
qui, comme à son habitude, met tout son talent culinaire
au service de nos papilles émoustillées :
pâtes au poisson et petits légumes pour Seb, et crevettes
à l’ail flambées au vieux rhum pour moi !
Pot de l’amitié quotidien :
Ginger Rhum ( gingembre !) : poivré, mais
rafraîchissant !
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